L’écopsychologie par le philosophe Mohammed Taleb

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« A gros traits, on peut dire que l’écopsychologie repose sur une double intuition. La première est qu’il existe une relation intime, profonde entre, d’une part, un certain nombre de pathologies humaines, de blessures anthropologiques, et, d’autre part, l’état de santé de la planète. Il est vrai que l’on peut aisément constater les liens entre les blessures que des hommes et des femmes portent, à la fois individuellement et collectivement, et les blessures infligées à la terre. Deux exemples évidents : l’impact sanitaire psychophysiologique de la dégradation de l’environnement, du problème de l’amiante à celui de la « vache folle », et, l’impact, également psychophysiologique du changement climatique qui génère, chaque année, son cortège de « réfugiés » ou de « déplacés » climatiques. La deuxième intuition de l’écopsychologie réside dans la proposition inverse : il y a une relation intime, profonde, entre le processus de guérison des blessures anthropologiques et le processus de guérison des blessures écologiques. Cela signifie que l’on ne peut pas envisager un bien-être individuel ou collectif à l’ombre d’une planète malmenée. Et la relation est dialectique : il ne peut pas y avoir de résolution de la crise écologique s’il n’y a pas une métamorphose de la psyché, de l’âme, de la conscience, de la façon dont nous envisageons notre existence, psychique et matérielle. Ce double mouvement se déploie à l’interface entre la nature vivante qui nous environne et notre nature intérieure, ce qui nous constitue comme humain. L’écopsychologie est née de cette tension créatrice entre écologie et psychologie. En ce sens, l’écopsychologie n’est pas une sous-discipline de la psychologie, ni non plus une sous-discipline de l’écologie. Elle représente un troisième champ. Un troisième champ en émergence, champ de connaissances et de pratiques. Quand nous explorons ce champ écopsychologique, nous nous apercevons assez vite que sa nature est transdisciplinaire. Non seulement l’écopsychologie ne se limite pas au dialogue entre écologie et psychologie, mais, bien plus que cela, elle mobilise la philosophie, l’histoire − l’histoire sociale, l’histoire culturelle −, et d’autres sciences sociales, comme l’anthropologie, la théologie, les savoirs, les savoir-faire ainsi que les savoir-être. »

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